7 juin 2018

"Jazz vocal" dans la Note Blanche !

La Note blanche revient pour poursuivre sa petite histoire de la musique avec, pour cette émission, le jazz vocal ...



Ecoutez le podcast de l'émission "Jazz vocal" en cliquant sur les liens ci-dessous : 

Radio Balises:http://radiobalises.com/music/jazz-vocal-dans-la-note-blanche/

Soundcloud:https://soundcloud.com/la-note-blanche/e13-la-note-blanche-jazz-vocal


Dans les années trente, le jazz épouse la chanson populaire ! Les chanteuses de blues classique étaient considérées aussi comme des vocalistes de jazz. Cependant, pendant les années vingt, elles créaient des blues assez sombres qui passèrent de mode après la grande crise. L’heure se mit aux grands orchestres. C’est grâce à leur sens du spectacle, à leur technique musicale sans faille, et à leurs airs entraînants que les big bands remportèrent le succès qui fut le leur. Dans la plupart des orchestres, on trouvait aussi des chanteurs dont la personnalité et les paroles facilitaient le contact entre l’orchestre et le public qui réclamait de la légèreté , des thèmes entraînants, des voix douces et des personnalités séduisantes. Certains chanteurs étaient surtout des interprètes et des artistes de variétés comme les crooners ! D'autres se servaient de leur voix comme d’un instrument : à la suite de Louis Amstrong, ils explorèrent les possibilités de la voix pour improviser, notamment avec la technique du scat. L’interdiction d’enregistrer en 1942, conséquence d’une controverse sur les droits d’auteurs, ne concernait pas les chanteurs, c’est donc à ce moment-là que nombre d’entre eux gravèrent leurs grands succès !

Nous commencerons cette session vocale avec une des plus grandes déesses du genre : Billie Holiday ! Le producteur-découvreur john Hammond fit de Billie Holiday une grande star. La chanteuse incarne la tragédie de la chanteuse noire, née dans un milieu pauvre, violée quand elle avait dix ans et confiée à une institution religieuse. Elle fut prostituée et condamnée à la prison, droguée… Une malédiction la poursuivrait toute sa vie. John Hammond l’emmena en studio pour y graver des thèmes avec l’orchestre de Benny Goodman. C’est en interprétant « Strange fruit » en 1939 que Billie se révéla grande chanteuse miaulante, pleine de sentiments et de tristesse. Elle fut accompagnée des plus grands, de Duke Ellington ou du saxophoniste Lester Young. Mais la gloire n’atténua pas la douleur d’être une chanteuse noire dans une Amérique ségrégationniste. Lorsqu’elle chantait au sein de l’orchestre du blanc Artie Shaw, elle devait passer par la porte de service. Cette lutte l’épuisa, et Billie, alcoolique, la santé ruinée, mourut à quarante ans. Nous enchaînerons avec la voix suave, douce et douloureuse à la fois de Billie Holiday avec les titres : « You’ve changed » et « I don’t want to cry anymore » tous deux extraits de l’album : « Billie Holiday, Broadcast performance » sorti en 1993 sur le label ESP Disk ! A vos casques chers auditeurs et laissez vous bercer par la voix de Billie Holiday.

A vos casques chers auditeurs et laissez vous bercer par la voix délicieuse de Billie Holiday …


Ensuite, nous passerons clarinettiste  Benny Goodman ! Les tournées et le tempérament lunatique caractérisait le clarinettiste ! En effet Benny Goodman était un chef difficile et tourmenté qui épuisaient les chanteuses ! Le « roi du swing » était très exigeant ! Il travailla avec plus d'une vingtaine de vocalistes entre 1934 et 1959 comme Ella Fitzgerald ou encore Peggy Lee !


Nous poursuivrons l'émission sur la planète jazz vocale avec une autre diva très connu dans le milieu, il s'agit de Sarah Vaughan ! Âgée de 18 ans, en octobre 1942, Sarah Vaughan gagna un concours de chant à l'Apollo. Le monde du jazz s'éprit de cette jeune femme aux yeux d'amande et pleine de sensualité ! Elle se sentait à l'aise dans tous les styles. En 1951, elle fit partie de la plus grande affiche du Carnegie Hall, avec Count Basie, Charlie Parker et Billie holiday. Elle accéda au statut de star, mais son chant ne se limitait pas au jazz car elle aborde un registre plus sentimental et sophistiqué avec cordes (ce qui lui fut aussi reproché). Elle accompagna la crème des musiciens de jazz dont Miles davis, Clifford Brown, Quincy Jones et Benny Carter. La voix de Sarah Vaughan est reconnaissable entre toutes : dans les graves, elle rappelle le saxophone et dans les aigus, elle fait preuve d'une élégance absolue. Vous remarquerez que sa voix accompagne tour à tour tous les instruments de l'orchestre. Sarah Vaughan aime également jouer avec le volume de sa voix et avec son ampleur.

Ecoutez la divine voix de Sarah Vaughan dans la Note blanche ...


Après les divas, place aux « entraineurs » ! « L'entraineur » est un mot typiquement américain qui englobe l'homme de spectacle dans sa diversité. C'est à dire que l'artiste doit être capable de danser, de chanter et de raconter des histoires (comme Henri Salvador en France). En général, les entraineurs se produisent à Las Vegas ou dans les salles de jeu. Comme exemple de grande figure du jazz dansant, j'ai choisis bien évidemment, l'incontournable Ray Charles ! Musicien aveugle, Ray Charles réconcilie tout le monde ! Il a subi les belles influences de Nat King Cole et de Charles Brown. Il est considéré comme un « sculpteur de jazz »car il est doté d'une voix chaude et magnifique et enfin,il est réputé pour son swing ! Ray Charles était un maître qui ouvrait l'horizon sensoriel et il pouvait figurer dans toutes les disciplines dont le jazz, le blues, le rythm and blues et le rock ! 

Swingez grâce au blues de Ray Charles ...


Il y a les entraîneurs et les crooners !! Le crooner qui signifie « Chanteur de charme », incarne parfaitement le jazz vocal dans son romantisme le plus extrême ! Il symbolise  les rapports étroits et contradictoires que le jazz a noué avec la variété. Notre premier crooner mythique sera Nat King Cole. En effet, Nat King Cole était chanteur et chef d'orchestre noir. Il reste un vrai mythe et le modèle parfait d'un certain jazz vocal au clair de lune pétri de romantisme ! Et pour l'anecdote, sachez qu'en 1956, la chaîne NBC lui confia une émission qui s'appelait le « Nat King Cole Show ». C'était la première fois qu'un noir américain présenta un spectacle à une heure de grand écoute ce qui provoqua un vrai scandale ! Le chanteur invita les chanteuses Ella Fitzgerald ou encore Peggy Lee ! Peu à peu, le très bon pianiste de jazz et arrangeur s'effaça devant le chanteur de variété et est connu aujourd'hui pour ses nombreuses interprétations à succès.

Libérez vos pulsions de crooner avec Nat King Cole dans la Note blanche ...


Nous resterons sous le charme des crooners grâce à un autre talent du genre/ Il s'agira de Johnny Hartman !! Ce baryton est admiré pour avoir enregistré avec de multiples talents comme le tromboniste et trompettiste Billy Eckstine qui mena un grand orchestre avec dans ses rangs Dizzy Gillespie ou encore le célèbre Art Blakey ! Mais ce n'est pas tout, Johnny Hartman a aussi eu la chance d'enregistrer avec John Coltrane dans les années 60 ! 

Laissez vous bercer par la voix chaude de Johnny Hartman et la douceur du saxophoniste John Coltrane ...


Après avoir suivi et écouté la période du jazz vocal, je vais terminer l'émission sur les rebelles du jazz vocal, et oui chers auditeurs : ils existent !! Comme son homologue instrumental, le jazz vocal a subi de violentes transformations depuis le blues classique. Pendant la seconde guerre mondiale et ensuite une nouvelle génération révoltée et caustique a pris la relève avec par exemple le scat grâce à Ella Fitzgerald. 

La naissance du Mouvement des droits civiques et le réveil des Noirs américains pendant les années cinquante influencent le jazz. La musique devient alors un acte politique mais au lieu de le subir comme leurs aînées noires, les nouvelles personnalités prennent l'uniforme du combat ! Deux figurent importantes surgissent pour ce style, il s'agit d'Abbey Lincoln et de la grande déesse Nina Simone ! Cette dernière rêvait d'être concertiste classique mais elle ne put assouvir cette ambition à cause de sa couleur de peau !! Et elle en conçut bien sûr une vive amertume ! Et pourtant, étant issue des clubs enfumés de New-York, Nina Simone trouva peu à peu sa place au sein de la musique noire et devint populaire tout en participant à la révolte sociale. 

La Note blanche vous recommande les mouchoirs car la voix de la diva dégage toute l'émotion de sa vie riche et tourmentée ...



Ce sera sur ses dernières mélodies que la Note blanche se doit de vous dire « au revoir » ! Mais comme d'habitude nous nous retrouvons samedi prochain à 17h pour de nouvelles aventures musicales !!  Et mercredi pour la rediffusion de cette émission à 9h sur les ondes de Radio Balises 99.8 ou en tapant http://radiobalises.com/ !


Playlist : 


1 : « You've changed » de Billie Holiday (03'20)
2 : « I don't want to cry anymore » de Billie Holiday (03'56)
3 : « Why don't you do right» de Peggy Lee et Benny Goodman (03'12)
7 : « I wonder who's rissin her now » de Ray Charles (02'26)
8 : «Sentimental blues » de Ray Charles (02'28)
9 : « Caravan » de Nat King Cole trio (02'43)
10 : « Autumn serenade » de Hartman et Coltrane (04'19)
11 : « They say it's wonderful » de Hartman et Coltrane (05'20)
12 : « Four Women » de Nina Simone (04'27)
13 : « Sinnerman » de Nina Simone (10'20)


Ecoutez le podcast de l'émission "Jazz vocal" en cliquant sur les liens ci-dessous : 

Radio Balises:http://radiobalises.com/music/jazz-vocal-dans-la-note-blanche/

Soundcloud:https://soundcloud.com/la-note-blanche/e13-la-note-blanche-jazz-vocal


Emission rédigée et réalisée par La Note blanche