21 mars 2016

Un Monde dans la tête : P. Rumsey & HR Giger

"The Art of Paul Rumsey" (surréaliste) :




  
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Paul Rumsey, site officiel : http://www.paulrumsey.co.uk/




Tribute To HR Giger :





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HR Giger, site officiel : http://www.hrgiger.com/

20 mars 2016

Fight Club, David Fincher (1999)

Synopsis :

 

Afficher l'image d'origineLe narrateur, sans identité précise, vit seul, travaille seul, dort seul, mange seul ses plateaux-repas pour une personne comme beaucoup d'autres personnes seules qui connaissent la misère humaine, morale et sexuelle. C'est pourquoi il va devenir membre du Fight club, un lieu clandestin ou il va pouvoir retrouver sa virilité, l'échange et la communication. Ce club est dirigé par Tyler Durden, une sorte d'anarchiste entre gourou et philosophe qui prêche l'amour de son prochain.





"Avec l’insomnie, plus rien n’est réel. Tout devient lointain. Tout est une copie, d’une copie, d’une copie…"


Date de sortie :  10 novembre 1999 (2h 15min)
De : David Fincher
Avec :  Brad Pitt, Edward Norton, Helena Bonham Carter 
Genres :  Thriller, Drame (20/03/2016)
Nationalités :  Américain, Allemand








Fight Club, Bande-annonce (VF) :

 

Extraits :


Le film noir du consommateur, citations :


"Si vous lisez ceci, alors cet avertissement est pour vous. Chaque mot que vous lisez de ce texte inutile est une autre seconde perdue dans votre vie. N’avez-vous rien d’autre à faire ? Votre vie est-elle si vide que, honnêtement, vous ne puissiez penser à une meilleure manière de passer ces moments ? Ou êtes-vous si impressionné par l’autorité que vous donnez votre respect et vouez votre foi à tous ceux qui s’en réclament ? Lisez-vous tout ce que vous êtes supposés lire ? Pensez-vous tout ce que vous êtes supposés penser ? Achetez-vous ce que l’on vous dit d’acheter ? Sortez de votre appartement. Allez à la rencontre du sexe opposé. Arrêtez le shopping excessif et la masturbation. Quittez votre travail. Commencez à vous battre. Prouvez que vous êtes en vie. Si vous ne revendiquez pas votre humanité, vous deviendrez une statistique. Vous êtes prévenu…"

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  •  "Vous n’êtes pas un beau flocon de neige merveilleux et unique. Vous êtes la même matière organique pourrissante de ce monde, et on appartient tous au même tas de compost"
  • "Vous n’êtes pas votre travail, vous n’êtes pas votre compte en banque, vous n’êtes pas votre voiture, vous n’êtes pas votre portefeuille, ni votre putain de treillis, vous êtes la merde de ce monde prête à servir à tout"
  •  "Il ne suffit pas de se mettre une plume dans le cul pour ressembler a un coq"
  •  "Je vois une génération entière qui travaille à des pompes à essences, qui fait le service dans des restos, qui est esclave d’un petit chef dans un bureau. La pub nous fait courir après des voitures et des fringues, on fait des boulots qu’on déteste pour se payer des merdes qui nous servent à rien. On est les enfants oubliés de l’histoire mes amis, on n’a pas de but ni de vraie place ; on n’a pas de grande guerre, pas de grande dépression. Notre grande guerre est spirituelle, notre grande dépression, c’est nos vies. La télévision nous a appris à croire qu’un jour on serait tous des millionnaires, des dieux du cinéma ou des rock stars, mais c’est FAUX !"
  •  "C’est seulement quand on a tout perdu qu’on est libre de faire tout ce qu’on veut"
  •  "Les choses qu’on possède finissent par nous posséder"
  •  "On est les enfants oubliés de l’histoire mes amis. On n’a pas de but ni de vraie place. On n’a pas de grande guerre, pas de grande dépression. Notre grande guerre est spirituelle, notre grande dépression c’est nos vies"
  • "Et alors il s’est passé quelques choses, je me suis laissé aller, dans un total oubli de moi même envahi par la nuit le silence et la plénitude. J’avais trouvé la liberté. Perdre tout espoir, c’était cela la liberté"
  • "C’est votre vie et elle s’achève minute après minute"
  • "ll y a un adage qui dit qu’on fait du mal à ceux qu’on aime : mais il oublie de dire qu’on aime ceux qui nous font du mal"




Fight Club, soundtrack :

 




Where is my mind ? Pixies



Galerie : 


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Fight Club, film streaming (lien) : http://streamay.com/586-fight-club.html




David Fincher :



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17 mars 2016

Lettre de Friedrich Nietzsche à Malwida von Meysenbug

Friedrich Wilhelm Nietzsche (15 octobre 1844 – 25 août 1900) fut l’un des philosophes les plus décapants et influents du XIXe siècle. Si son visage le plus connu est celui de l’homme brillant qu’il était, il connut également de grands moments de remise en question. Malwida von Meysenbug, écrivaine, fut l’une des plus grandes amies du philosophe. À Rome, en 1882, elle lui présente une femme qui par la suite sera considérée comme l’une de celles qui comptera le plus pour l’auteur de Par-delà bien et mal, Lou Andreas-Salomé. Après une demande en mariage refusée par la jeune femme et l’échec d’une triple alliance entre Nietzsche, Lou et Rée, les deux amis s’éloignent. Dans cette lettre, Nietzsche fait ses adieux à Malwida et prouve qu’une amitié peut être tout aussi puissante qu’un amour et rompre ce lien peut être bien plus douloureux qu’une rupture amoureuse…

nietz
"Je vis donc une deuxième existence"




[21 mars 1882]

Très chère Mademoiselle,

Nous nous sommes en fait dit notre dernier adieu — et ce fut la crainte de tels mots ultimes qui m’a rendu muet à votre égard si longtemps. Entre-temps, la force vitale et toutes sortes de forces sont en moi agissantes : je vis donc une deuxième existence, et c’est avec ravissement que j’apprends que vous n’aviez jamais complètement renié cette croyance en une deuxième vie chez moi. Je vous en prie aujourd’hui, vivez longtemps, très longtemps : ainsi, je pourrai encore vous procurer quelques joies. Mais je ne dois rien précipiter – l’arc selon lequel court mon existence est grand, et, en chacun de ses points, il me faut avoir vécu tout aussi profondément et avec autant d’énergie : il me faut être jeune longtemps, longtemps encore bien que je m’approche déjà de la quarantaine.

Que tout le monde me laisse actuellement seul, je ne m’en plains pas — je trouve, au contraire, que c’est, premièrement, utile et, deuxièmement, naturel. C’est et ce fut toujours la règle. Même l’attitude de Wagner à mon égard fait partie de cette banalité de la règle. En outre, c’est l’homme de son propre parti, et le hasard de son existence lui en a donné une image si arbitraire et si incomplète qu’il ne peut pas comprendre la gravité et la nécessité de mon genre de passions. L’idée que Wagner ait pu un jour croire que je partageais ses vues me fait aujourd’hui rougir. Finalement, si je ne me trompe pas tout à fait sur mon avenir, c’est dans l’influence que j’exercerai que survivra la meilleure part du wagnérisme — et c’est pour ainsi dire ce qu’il y a de drôle dans l’affaire…

Envoyez-moi, je vous en prie, votre article sur Pieve di Cadore : c’est volontiers que je mettrai mes pas dans les vôtres. Il y a deux ans, c’est justement vers cet endroit que se tournaient avec envie mes regards.

Ne croyez pas ce que Rée vous dit de moi — il a trop bonne opinion de moi —, ou plutôt : je suis la victime de son instinct idéaliste.

À vous de tout coeur, je reste le vieux, même si c’est le nouveau,

Friedrich Nietzsche.

16 mars 2016

Lettre de Samuel Beckett à Thomas McGreevy

Samuel Beckett ( 13 avril 1906 – 22 décembre 1989) écrivain, poète et dramaturge irlandais, auteur d’ En attendant Godot remporta le Prix Nobel en 1969. S’il est surtout reconnu pour son œuvre théâtrale, Beckett était aussi un fin poète, exprimant la plupart du temps son profond pessimisme face à la condition humaine.

beckett
Mon sentiment est, de plus en plus, que la plus grande partie de ma poésie 
(...) échoue précisément parce qu’elle est facultative.


18 octobre 1932

Mon cher Tom

Savoir que tu aimes mon poème me fait chaud au cœur. Sincèrement mon impression était qu’il ne valait pas grand-chose car il ne représentait pas une nécessité. Je veux dire que d’une certaine façon il était « facultatif » et que je ne m’en serais pas plus mal porté si je ne l’avais pas écrit. Est-ce là une façon très insipide de parler de la poésie ? Quoi qu’il en soit je trouve qu’il est impossible d’abandonner cette vision des choses. Sincèrement à nouveau mon sentiment est, de plus en plus, que la plus grande partie de ma poésie, bien qu’elle puisse être raisonnablement heureuse dans son choix des termes, échoue précisément parce qu’elle est facultative. Alors que les 3 ou 4 que j’aime et qui semblent avoir été attirés en luttant contre le véritable sale temps d’une de ces belles journées pour entrer dans le terrier de la « vie privée », Alba & le long Enueg & Dortmunder & même Moly, ne me donnent pas et ne m’ont jamais donné l’impression d’être construits. Je ne peux pas très bien m’expliquer à moi-même ce qu’ils ont qui les distingue des autres, mais c’est quelque chose d’arborescent ou du ciel, pas Wagner, pas les nuages sur roues ; écrits au-dessus d’un abcès et non à partir d’une cavité, une déclaration et non une description de chaleur dans l’esprit pour compenser le pus dans l’esprit. N’est-ce pas cela que veut dire Éluard ?

Quel est le rôle de la racine ?
Le désespoir a rompu tous ses liens.

Je n’ai pas honte de bégayer ainsi avec toi qui as l’habitude de ma façon délirante de ne pas réussir à dire ce que j’imagine que je veux dire et qui comprends que jusqu’à ce que la bouche doit bégayer ou se taire. Et seule une bouche plus stoïque que la mienne peut se taire. Il y a un type d’écriture qui correspond à des actes d’imposture & de débauche de la part de l’officine de l’écrivain. Le gémissement que je dois lâcher de plus en plus en écrivant est là – c’est-à-dire presque toujours bien ficelé, en terrain, faute d’orifice, chaleur de friction et la combustion spontanée de l’esprit pour compenser le pus & la souffrance qui menacent son économie, manœuvres frauduleuses pour obtenir que la cavité fasse ce qu’elle ne peut pas faire – le travail de l’abcès. Je ne sais pas pourquoi le poème jésuitique qui est une fin en soi et justifie tous les moyens devrait me dégoûter tant. Mais c’est le cas – à nouveau – de plus en plus. J’essayais d’aimer à nouveau Mallarmé l’autre jour, & je ne pouvais pas, parce que c’est de la poésie jésuitique, même le Cygne & Hérodiade. J’imagine que je suis un sale P. aux tendances puritaines même en poésie, préoccupé de l’intégrité dans un surplis. Je porte le deuil de l’intégrité de l’émission de sperme chez un pendu, ce que je trouve chez Homère & Dante & Racine & parfois Rimbaud, l’intégrité des paupières tombant avant que le cerveau ne soit conscient du grain de poussière dans le vent. […]


Toujours affectueusement,
Sam