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27 févr. 2020

Synesthésie et symbolisme :

Le symbolisme apparaît en 1871. Dans l'histoire littéraire, le symbolisme appartient à un mouvement littéraire et poétique français qui, en réaction contre le naturalisme et le Parnasse, s'efforça de fonder l'art sur une vision symbolique spirituelle du monde. Ce mouvement est traduit par des modes d'expressions poétiques nouveaux grâce à des poètes comme Rimbaud, Mallarmé ou Verlaine. Selon une définition de Jean-Paul Sartre : "Le symbolisme découvre l'étroite parenté de la beauté et de la mort". De part son aspect mystérieux et énigmatique, le symbolisme s'épanouit aussi dans la musique. 

D'après Paul Valéry : "Le mot symbolisme fait songer les uns à l'obscurité, à l'étrangeté, à la recherche excessive dans les arts, d'autres y découvrent je ne sais quel spiritualisme esthétique, ou quelle correspondance des choses visibles avec celles qui ne le sont pas". 

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Frank Von Stuck : Orphée, 1891


Correspondances

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

II est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

Charles Baudelaire


En effet, l'objectif du symbolisme est de rendre visible ce qui est invisible, de faire entrevoir aux lecteurs l'indicible par le biais de l'art. Cette conception artistique engendre très vite un certain idéalisme. Pour les symbolistes, le monde ne saurait se limiter à une apparence concrète réductible à une existence rationnelle. Il est un mystère à déchiffrer dans les "Correspondances" qui frappent d'inanité le cloisonnement des sens : sons, couleurs, visions participent d'une même intuition qui fait du poète une sorte de mage. Le poème des "Correspondances" de Baudelaire constitue donc une sorte de manifeste pour le symbolisme : "La Nature est un temple où (...) les parfums, les couleurs et les sons se répondent".

Dans la littérature, le mouvement du symbolisme trouve donc ses racines dans Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire, le poème Voyelles de Rimbaud. En revanche, l'esthétisme du symbolisme à proprement parler fut développé par Stéphane Mallarmé : Un Coup de dés n’abolira jamais le hasard. L'influence de Mallarmé sera considérable, ce qui entraînera la poésie vers l'hermétisme. En effet, dans l'univers de l'écrivain, le poème devient un monde refermé sur lui-même dont le sens naît de la résonance. C'est en lisant Hegel que Mallarmé à découvert que si le "ciel est mort"", le néant est un point de départ qui conduit au Beau et à l'idéal baudelairien. Le vers se fait donc couleur, musique et s'enrichit de la sensation. Il devient "concours de tous les arts suscitant le miracle". C'est avec Mallarmé que la suggestion devient le fondement de la poétique antiréaliste. Par conséquent, le symbolisme cherche ce qui se dissimule en-dessous du mot, à rendre visible ce qui est invisible. Pour résumé, Mallarmé donnera une tout autre dimension à l'écriture grâce à son Coup de dés, publié en 1897. Dans cette oeuvre phare, l'auteur fait éclater le moule traditionnel du poème. En effet, il invente ou réorganise la poésie dans l'espace et joue non seulement des mots mais aussi de leur typographie. Le poète donne à voir de nouveaux rapports idéographiques et spatiaux faisant de la poésie une partition musicale, plus complexe et plus libre : "Les blancs en effet, assument l'importance (...) pour qui veut lire à haute voix une partition". Ainsi, la musique devient un prolongement de l'art poétique, elle devient un autre langage, elle devient un idéal à atteindre.

Grâce à ce nouveau souffle d'inspiration, la synesthésie des couleurs et des sons se répondent et la fameuse dichotomie de Baudelaire, oscillant entre le spleen et l'idéal, représente la dualité permanente que veut illustrer le symbolisme : le rapport au Moi. Dans les années 1880, l'esthétique symboliste s'étaye à travers une série de manifestes, dont celui de Jean Moréas, et attire une nouvelle génération d'écrivains. Par exemple, la traduction en français par Baudelaire de l'oeuvre d'Edgard Allan Poe a été d'une influence considérable car il fut à l'origine de plusieurs tropes et images du symbolisme. 

Mais qu'est-ce que la synesthésie ? Du grec syn (avec ou union) et aesthesis (sensation), cette figure de style trouve son origine dans un phénomène neurologique par lequel deux ou plusieurs sens sont associés. Grâce à l'épanouissement qu'offre la synesthésie, le symbolisme s'étend à travers les arts comme la peinture, la poésie et la musique.


Voyelles

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,

Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d'ombre ; E, candeur des vapeurs et des tentes,

Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,

Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,

Silences traversés des Mondes et des Anges :
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! -

A. Rimbaud



Ici, le poète joue avec les mots, les lettres, les couleurs et les sons (bombinent, rire, colère, vibrements, strideurs) en un tableau très coloré déjà précurseur des Illuminations. Les voyelles deviennent des objets avec lesquels on peut s'amuser et qui portent en elles leurs propres réalités, sens et couleurs (naissances latentes). Les couleurs ont une valeur symbolique. Pour le noir, la cruauté, la nuit (puanteur cruelle, golfes d'ombre) ; pour le blanc, la fierté, la pureté, la légèreté ; pour le rouge, le sang, les lèvres, la colère, les excès ; pour le vert, la sérenité et la paix ; pour le bleu, évocation religieuse des cieux (suprême clairon, anges). Et il passe au violet pour l'évocation des yeux de La Femme. Peut-être une allusion à la jeune personne qui l'aurait accompagné à Paris en février 1871, d'après ses amis. Un point de départ à l'idée du poème, un abécédaire qu'il a du avoir entre les mains, comme tout enfant, quand il apprenait à lire. A chaque lettre correspondait une couleur et un certain nombre de mots : A noire, pour Abeille, Araignée, Astre, Arc-en-Ciel. E était jaune pour Emir, Etendard, Esclave, Enclume. I rouge pour Indienne, Injure, Inquisition, Institut. O azur pour Oliphant, Onagre, Ordonnance, Ours. U vert pour Ure, Uniforme, Urne, Uranie et Y orange pour Yeux, Yole, Yeuse, Yatagan. Une autre interprétation, tirée de la biographie de Rimbaud par Pierre Petitfils, et certainement la plus vraisemblable : Le sonnet est le reflet de l'enseignement musical d'Ernest Cabaner : le chromatisme musical ou audition colorée. Il apprenait le piano à Rimbaud, à l'hôtel des Etrangers, lieu de réunion du Cercle Zutique. Cabaner était le barman et Rimbaud a été son assistant au club pendant quelques mois, ce qui lui permettait de dormir sur place. Musicien bohème arrivé à Paris en 1850, Cabaner fréquentait de nombreux peintres dont Cézanne. Il coloriait les notes et leur attribuait le son d'une voyelle. La méthode avait déjà été imaginée pour les débutants par le Père Castel, au XVIIème siècle. Elle ne pouvait qu'intéresser Arthur, à la recherche d'une langue complète et universelle, résumant tout, "parfums, sons, couleurs", telle que décrite dans sa lettre à Paul Demeny du 15 mai 1871.

Peut-on parler d'un art total ? L'impalpable et la volonté de créer un art total qui ferait se correspondre tous les arts en général est une des ambitions essentielles du symbolisme. Par exemple, le poète va chercher dans la musique une autre forme d'écriture poétique. Verlaine prônait "la musique avant tout"  et Mallarmé s'évertuait à composer des partitions de mots dans lesquels la suggestion de l'indicible dominent.


Blas Priscille (La Note blanche)



Un Coup de dés n'abolira jamais le hasard, S. Mallarmé (Préface) : 



"J’aimerais qu’on ne lût pas cette Note ou que parcourue, même on l’oubliât ; elle apprend, au Lecteur habile, peu de chose situé outre sa pénétration : mais, peut troubler l’ingénu devant appliquer un regard aux premiers mots du Poème pour que de suivants, disposés comme ils sont, l’amènent aux derniers, le tout sans nouveauté qu’un espacement de la lecture. Les “blancs”, en effet, assument l’importance, frappent d’abord ; la versification en exigea, comme silence alentour, ordinairement, au point qu’un morceau, lyrique ou de peu de pieds, occupe, au milieu, le tiers environ du feuillet : je ne transgresse cette mesure, seulement la disperse. Le papier intervient chaque fois qu’une image, d’elle-même, cesse ou rentre, acceptant la succession d’autres et, comme il ne s’agit pas, ainsi que toujours, de traits sonores réguliers ou vers — plutôt, de subdivisions prismatiques de l’Idée, l’instant de paraître et que dure leur concours, dans quelque mise en scène spirituelle exacte, c’est à des places variables, près ou loin du fil conducteur latent, en raison de la vraisemblance, que s’impose le texte. L’avantage, si j’ai droit à le dire, littéraire, de cette distance copiée qui mentalement sépare des groupes de mots ou les mots entre eux, semble d’accélérer tantôt et de ralentir le mouvement, le scandant, l’intimant même selon une vision simultanée de la Page : celle-ci prise pour unité comme l’est autre part le Vers ou ligne parfaite. La fiction affleurera et se dissipera, vite, d’après la mobilité de l’écrit, autour des arrêts fragmentaires d’une phrase capitale dès le titre introduite et continuée. Tout se passe, par raccourci, en hypothèse ; on évite le récit. Ajouter que de cet emploi à nu de la pensée avec retraits, prolongements, fuites, ou son dessin même, résulte, pour qui veut lire à haute voix, une partition. La différence des caractères d’imprimerie entre le motif prépondérant, un secondaire et d’adjacents, dicte son importance à l’émission orale et la portée, moyenne, en haut, en bas de page, notera que monte ou descend l’intonation. Seules certaines directions très hardies, des empiètements, etc., formant le contre-point de cette prosodie, demeurent dans une œuvre, qui manque de précédents, à l’état élémentaire : non que j’estime l’opportunité d’essais timides ; mais il ne m’appartient pas, hormis une pagination spéciale ou de volume à moi, dans un Périodique, même valeureux, gracieux et invitant qu’il se montre aux belles libertés, d’agir par trop contrairement à l’usage. J’aurai, toutefois, indiqué du Poème ci-joint, mieux que l’esquisse, un “état” qui ne rompe pas de tous points avec la tradition ; poussé sa présentation en maint sens aussi avant qu’elle n’offusque personne : suffisamment, pour ouvrir des yeux. Aujourd’hui ou sans présumer de l’avenir qui sortira d’ici, rien ou presque un art, reconnaissons aisément que la tentative participe, avec imprévu, de poursuites particulières et chères à notre temps, le vers libre et le poème en prose. Leur réunion s’accomplit sous une influence, je sais, étrangère, celle de la Musique entendue au concert ; on en retrouve plusieurs moyens m’ayant semblé appartenir aux Lettres, je les reprends. Le genre, que c’en devienne un comme la symphonie, peu à peu, à côté du chant personnel, laisse intact l’antique vers, auquel je garde un culte et attribue l’empire de la passion et des rêveries ; tandis que ce serait le cas de traiter, de préférence (ainsi qu’il suit) tels sujets d’imagination pure et complexe ou intellect : que ne reste aucune raison d’exclure de la Poésie — unique source."



Un Coup de dés n'abolira jamais le hasard, S. Mallarmé : Fichier PDF



Analogies et correspondances : la synesthésie



Couleurs et figures géométriques. Kandinsky établit une corrélation entre les trois formes géométriques élémentaires et les trois couleurs primaires : triangle jaune, carré rouge, cercle bleu.

Couleurs, nombres et notes. Newton (1704) était convaincu qu'il devait y avoir une correspondance entre les diverses couleurs et les notes de la gamme. Le père Castel, qui s'oppose à lui en tout quant aux couleurs, cherche cependant la même correspondance. Voltaire, dans les Éléments de philosophie de Newton (1738), p. 182, résume : "La plus grande réfrangibilité du violet répond à ré ; la plus grande réfrangibilité du pourpre répond à mi." Violet/ré, pourpre/mi, bleu/fa, vert/sol, jaune/la, orange/si, rouge/do (ut). Voltaire ajoute : "Cette analogie secrète entre la lumière et le son donne lieu de soupçonner que toutes les choses de la nature ont des rapports cachés que peut-être on découvrira quelque jour." Un occultiste du XIXe siècle, maître Philippe de Lyon, soutenait ceci : "Les sons, comme la lumière, sont formés de couleurs qui exercent une grande influence sur l'organisme. Do (rouge) : il excite le cerveau et agit sur l'estomac et les intestins. Ré (orangé) : il agit sur l'estomac, l'abdomen, les intestins... Mi (jaune) : action sur le cœur, la rate. Fa (vert) : il contracte le diaphragme. Sol (bleu) : il agit principalement sur la partie supérieure des organes et sur les bras. La (indigo) : donne des tremblements (cœur et région cardiaque). Si (violet) : elle agit directement sur le cœur lui-même." Dans son livre, Du spirituel dans l'art (1911), Kandinsky justifie les couleurs par leur musique, il assimile les couleurs à des sons. Klee compare les couleurs à des voix.

 

Vassily Kandinsky (1866-1944) : 
Considéré comme l’un des artistes les plus importants du XXe siècle aux côtés notamment de Picasso et de Matisse, il est un des fondateurs de l’art abstrait...



Blas P. (La Note blanche)

10 févr. 2020

"Substance mort", Philip K. Dick

Résumé :


Dans une Amérique imaginaire livrée à l'effacement des singularités et à la paranoïa technologique, les derniers survivants de la contre-culture des années 60 achèvent de brûler leur cerveau au moyen de la plus redoutable des drogues, la Substance Mort. Dans cette Amérique plus vraie que nature, Fred, qui travaille incognito pour la brigade des stups, le corps dissimulé sous un « complet brouillé », est chargé par ses supérieurs d'espionner Bob Arctor, un toxicomane qui n'est autre que lui-même. Un voyage sans retour au bout de la schizophrénie, une plongée glaçante dans l'enfer des paradis artificiels.



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Philip K. Dick (1928-1982) a laissé une œuvre considérable, qui a profondément marqué toute une génération d'auteurs et de lecteurs. Après Le Maître du Haut-Château,Ubik ou Blade Runner, Simulacres, etc. Il livra avec Substance Mort son œuvre la plus personnelle, la plus désespérément aboutie.

Titre original : A Scanner darkly, 1977
Science Fiction - Traduction de Robert Louit
Edition : GALLIMARD, coll. Folio SF 
Autres éditions : 
DENOËL :  1978, 1979, 1988, 1997, 1999
GALLIMARD :  2006, 2007


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Substance Mort de Philip K. Dick par la Note blanche (article) : 


« Ce roman ne propose aucune morale; il n’est pas bourgeois; il ne prétend pas que ses héros ont eu tort de jouer au lieu de travailler dur; il se contente d’énumérer les conséquences. » (p. 394)

Cette phrase qui termine le roman aurait tout aussi bien pu le débuter. Comme le dit si bien la couverture, « N’espérez pas de happy end ». En effet, il n’y en aura pas. Pour autant, ce roman n’est pas déprimant, il est d'une lucidité implacable . En effet, l'auteur recrée une réalité parfois dure, parfois délirante, parfois interpellante et criante de vérité.  Dick arrive à recréer un univers hanté par la drogue, clairement compréhensible pour ceux qui ne lui sont pas familiers et apparemment assez vraisemblable, pour ceux qui le sont. Comme une sorte de pont entre deux mondes, entre folie et raison, entre fuite en avant et vie quotidienne...


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Nous suivons ici le quotidien d’un agent infiltré dans un groupe de drogués, Fred/Bob Arctor. Celui-ci n’arrive plus à savoir qui de Fred ou de Bob est le vrai lui. Il se laisse peu à peu ravager par la drogue, la Substance Mort, qu’il est obligé de consommer pour être crédible. Le quotidien de Fred/Bob est partagé entre ses délires sans queue ni tête avec sa bande d’amis et ses rapports dans le monde aseptisé et hors de tout de la Loi. Lorsqu’il est Fred, le flic, il n’a pas de réelle identité. Il porte en permanence une combinaison qui brouille son aspect, et est obligé de faire des rapports sur lui-même pour ne pas griller sa couverture. Lorsqu’il est Bob Arctor, il est juste un « looser » qui a un énorme béguin pour une fille, Donna, qui ne veut pas lui céder et qui ne sait plus trop ce qu’il fait, si ce n’est chercher sa prochaine dose de Substance Mort. Et pourtant sa vie en tant que Bob semble bien plus consistance que celle en tant que Fred…

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« Robert Arctor s’interrompit. Les contempla, les straights dans leurs costumes de poussahs, leurs chaussures de poussahs, leurs cravates de poussahs. Il songea, la Substance M ne risque pas de leur détruire le cerveau; ils n’en ont pas. » (p. 40)

Ici, les « straights »- comprendre les gens qui marchent droit, les non-drogués – semblent n’être que des moutons juste bons à s’épanouir dans les nombreux temples du nouveau Dieu américain : la Consommation. La vie de straight semble ne pas avoir de sens, parce que privée de l’intensité de celle du junky. Et pourtant, le junky ne fait que courir droit au mur qui causera sa perte. C’est qu’il n’y a pas de bonne solution dans ce monde. Dick montre ici un pessimisme encore plus prégnant que dans ses autres livres. On sent derrière les dialogues, derrière les personnages, derrières les faits divers qui parsèment le récit, une forme de vécu qui rend le tout plus intense. L'écrivain ne se prive pas non plus d’égratigner la société là où ça fait mal, c’est-à-dire là où il semble n’y avoir aucune solution. Comme ici par exemple:

« Il faut posséder la plus haute forme de sagesse, songea-t-elle, pour savoir quand on doit recourir à l’injustice. Comment la justice peut-elle jamais devenir victime du droit? Comment ça peut arriver? C’est qu’une malédiction pèse sur ce monde et j’en ai la preuve sous les yeux. Quelque part, au niveau le plus profond, le mécanisme, le tissu des choses a craqué, et des lambeaux épars est né ce besoin qui nous pousse aux injustices les plus troubles au nom du choix le plus sage. » (p. 339)

L'auteur porte en fait un regard lucide sur ce qui a fait partie de sa vie pendant un certain temps, la drogue. On sent le recul, mais on sent également les méandres vertigineux de la paranoïa, la douleur toujours présente et une infinie tendresse amère pour ces personnes qui se retrouvent piégées dans un monde qui leur fera payer trop cher leurs erreurs… Des erreurs volontaires ou involontaires ?

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« L’abus de drogues n’est pas une maladie; c’est une décision, au même titre que la décision de traverser la rue devant une voiture lancée à vive allure. On n’appelle pas cela une maladie, mais une erreur de jugement. Et quand un certain nombre de gens s’y mettent, cela devient un style de vie – dont la devise, dans le cas présent, serait: « Prends du bonheur maintenant parce que demain tu seras mort. » Seulement la mort commence à vous ronger presque aussitôt, et le bonheur n’est plus qu’un souvenir. » (p. 394)

"On n’appelle pas cela une maladie, mais une erreur de jugement".  Je trouve cette phrase magistrale, parce qu’elle permet de mieux percevoir cet univers, de mieux cerner les gens qui ont plongé dans la substance, parfois malgré eux. Dans un monde climatisé, où tout paraît fade et désuet, la Substance Mort arrive comme un miracle. Cependant, dans ce roman, des conséquences plus graves, et démesurées surviennent...cette substance n'étant qu'une pure machinerie du gouvernement, n'est en fait qu'un piège qui délivre faussement les personnages de leur vie afin de mieux les enfermer dans la société. Sacré paradoxe, n'est-ce pas ? Le junkie pense s'émanciper de la société grâce à la Substance M. alors qu'il n'est que le "produit" d'une machination directement liée à cette dernière.

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Au final, Substance Mort est une oeuvre déroutante et pourtant très limpide, dure mais qui se lit d’une seule traite, pessimiste mais surprenante . Un livre fort, qui permet de découvrir une nouvelle facette de l’auteur, un peu plus humaine que celles qu’il nous livre habituellement. Voici ses propres mots: « Pour ma part, je ne suis pas un personnage du roman; je suis le roman. » (p. 395)


Blas Priscille (La Note blanche)



A Scanner Darkly, le film, bande-annonce :


A Scanner Darkly, un film américain adapté du roman Substance Mort de Philip K. Dick et réalisé par Richard Linklater, est sorti en 2006. 

Avec Keanu Reeves, Winona Ryder et Robert Jr Downey.





A Scanner Darkly, soundtrack :

 






A lire "Substance Mort et le cinéma comme rêve de résurrection"  :


"Substance Mort et le cinéma comme rêve de résurrection"

Extrait  :


Dans Substance Mort (roman paru en 1977) en particulier, Philip K. Dick met en scène l’espoir d’une révélation par l’image : un être transcendant doit permettre de définir ce qu’est le réel, et par là même déjouer la mort, par l’inversion du cours du temps grâce au cinéma.

Pour André Bazin, la photographie lave l’homme du péché de connaissance, la perspective, révélant enfin le référent : l’image ne se substitue plus au monde. « Comme le christ est venu restaurer l’image dégradée de l’homme après le péché d’Adam et Ève, écrit Luc Vancheri à propos de Bazin, Niepce et Lumière sont venus racheter le péché de connaissance des premiers peintres de la Renaissance qui ont désiré goûter au fruit défendu de la peinture, la perspective. » (Luc Vancheri, Cinéma et peinture, Paris, Éditions Armand Colin, Collection « Armand Colin Cinéma », 2007, p. 49). Ainsi le cinéma est porteur de la promesse d’une révélation du réel qui mettra fin au brouillard où les êtres errent, révélation qui, comme dans le Nouveau Testament, s’accompagnera d’une résurrection des morts.


Dans un passage très émouvant où Charles Freck imagine la résurrection de tous ces amis et idoles victimes de la drogue, dont Janis Joplin (photo ci-dessous). Le rêve de Charles Freck prend la forme de la représentation du paradis et de son pendant cinématographique conventionnel, le happy end : "Tous, même ceux qui étaient morts ou complètement cramés, comme Jerry Fabin. Ils se trouvaient tous là, baignés par une belle lumière blanche qui n’était pas celle du jour, mais plus belle encore, comme une mer qui s’étendait sous eux mais qui les recouvrait aussi". (Substance Mort, Paris, Éditions Denoël, collection « Folio SF », traduction de Robert Louit, 2000, p. 190).

LienArticle:http://www.eclatsfuturs.com/post/73222211019/substance-mort-le-cin%C3%A9ma-comme-r%C3%AAve-de

ScannerDarkly,filmstreaming(lien):http://streamay.com/3747-a-scanner-darkly.html

14 nov. 2019

La Légende d'Orion et du Scorpion_Isis et Osiris

Le mythe du Phoenix est souvent associé au signe du Scorpion. Le Phoenix renaît de ses cendres, et il retourne au ciel. Les Scorpions les plus évolués veulent être des Phoenix ou des Aigles, qui vont au-delà du monde pour devenir des êtres extraordinaires. Le soupçon et la jalousie peuvent les ramener à terre, mais leur passion peut également les aider réussir.

Selon une croyance médiévale, le basilic créa le scorpion. En effet, il suffisait de couper quelques feuilles de basilic, de les déposer sur le sol, à même la terre et de renverser un pot dessus. Quelques jours plus tard, avec précaution, on soulevait le pot et, à la place du basilic on retrouvait un scorpion. Cette pratique était, à une certaine époque, très en vogue et le scorpion devenait l'animal favori de personnes aux penchants funestes qui briguaient un poste ou un changement.

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Dans la mythologie, le Scorpion se trouve aux Antipodes d'Orion pour en être séparé car le géant fut tué par sa piqûre alors qu'il participait à une chasse. Les deux constellations sont donc invisibles simultanément: l'hiver, quand Orion resplendit très haut dans le ciel, le Scorpion se trouve sous l'horizon; l'été, la situation s'inverse.

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La Légende d'Orion et du scorpion : 


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Le géant Orion, fils de Poséidon, était un grand chasseur. Ayant eu connaissance de ses talents, le roi de l'île de Chios le fit venir pour lui demandé de débarrasser l'île de tous les animaux sauvages. Orion, avec ses deux chiens Sirius et Procyon, accepta cette tâche et s'en acquitta à merveille. Ceci ne fut pas du tout du goût d'Artémis, déesse de la chasse et protectrice de la faune sauvage. Après quelques péripéties , Orion, de retour vers Chios, fut arrêté par Artémis qui lui signifia qu'elle voulait le punir pour ce qu'il avait fait. Orion ne l'entendit pas ainsi et se jeta sur elle. La déesse Artémis ne manquait pas de force, mais Orion était extraordinairement puissant. Sentant qu'elle ne viendrait pas seule à bout d'Orion, elle implora son frère Apollon d'intervenir. Ce dernier fit surgir du sol un Scorpion géant. Une lutte terrible s'engagea alors entre Orion et le Scorpion qui d'entrée de jeu tua Sirius et Procyon. Enfin, après plusieurs heures de combat, Orion parvint à percer de son épée la cuirasse du Scorpion. Malheureusement, au même instant, le dard du Scorpion toucha Orion. Les deux protagonistes s'écroulèrent. Poséidon après avoir appris la mort de son fils, vint chercher son corps et le métamorphosa en étoile, ce qui nous permet d'admirer maintenant dans le ciel, la magnifique constellation d'Orion. La déesse Artémis, folle de rage, métamorphosa à son tour le Scorpion en étoile pour que le combat puisse continuer dans le ciel. Heureusement, Zeus intervint et fit en sorte que Orion et le Scorpion ne puissent jamais s'atteindre; c'est pour cela que lorsqu' Orion se lève à l'horizon Est, le Scorpion se couche à l'horizon Ouest.

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Le mythe d'Orion et ses variations :



1) Un jour, Orion prétendit stupidement qu'il était capable de tuer toutes les bêtes sauvages. Gaia le punit de son arrogance en lui envoyant un scorpion pour le piquer au talon. Lorsque le Scorpion s'éleva sur l'horizon oriental, Orion était en train de mourir et de disparaître à l'occident. Mais Asclépios guérit Orion et écrasa le scorpion. Alors qu'Orion s'élevait de nouveau à l'Est, Asclépios poussa le Scorpion vers l'Ouest.

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Lorsque Orion se couche, le Scorpion se lève. Ce fait est donc illustré par le mythe grec dans lequel le chasseur Orion a pour destin d'être blessé par un scorpion . Orion, fils de Poséidon, était donc un géant remarqué par sa beauté et ses prouesses. Il fut l'amant d'Eos, déesse de l'Aurore, et depuis ce jour, en mémoire de leur union, le jour se teinte de rose lorsqu'il se lève.

Pour les anciens Egyptiens, Orion était l'image d'Osiris, le Dieu de la Mort. Osiris était le fils de Geb - Dieu de la Terre - et de Nout - Déesse du Ciel. Il prit pour épouse sa soeur, la Déesse Isis. Seth, son frère, l'assassina et découpa son corps en 14 morceaux qu'il éparpilla dans toute l'Egypte. La fidèle Isis se mit à la recherche des morceaux de son défunt époux et les retrouva tous, à l'exception du phallus qui avait été englouti par un poisson. Isis usa de la magie pour reconstituer Osiris et lui donner la vie éternelle. Elle s'unit à lui et engendra Horus.

2) Orion était un chasseur de Béotie et le plus bel homme vivant et d'une force prodigieuse. Il était fils de Poséidon (ou d'Hyrié, fils de Poséidon) et d'Euryale. Mais il existe une autre légende racontée par Ovide et Servius: Hyrié, un homme déjà âgé, reçut la visite de trois dieux, Zeus(Jupiter), Poséidon (Neptune), Hermès (Mercure). Il tua un bœuf pour honorer ses invités et en remerciement, les dieux lui proposèrent une récompense pour son hospitalité, il choisit la possibilité d'engendrer sans avoir à passer par une femme. Les trois visiteurs mirent leur urine dans la peau du bœuf sacrifié, et lui conseillèrent d'enterrer cette peau pendant neuf mois dans la terre: ainsi naquit Orion dont le nom est en rapport avec l'urine céleste.

Orion eut de nombreuses maîtresses plus ou moins consentantes.
• D'abord il épousa Sidé qui était très belle mais aussi très fière. Elle donna le jour à deux filles, Ménippé et Métioché appelées aussi les Coronides. Elle fut précipitée dans le Tartare par Héra à qui elle avait voulu se comparer.

• Un jour, dans l'île de Chios, Orion tomba amoureux de Mérope, fille d'Oenopion le fils de Dionysos. Oenopion avait promis de donner Mérope en mariage à Orion s'il débarrassait l'île des dangereuses bêtes fauves qui l'infestaient. 
Mais, lorsque ayant enfin terminé la tâche qu'on lui avait assignée il demanda qu'elle devînt sa femme, Oenopion fit courir le bruit qu'il y avait encore des lions, des ours et des loups dissimulés dans les montagnes et il refusa de tenir sa promesse. Une nuit, Orion, découragé, but toute une gourde du vin d'Oenopion qui l'échauffa à tel point qu'il fit irruption dans la chambre à coucher de Mérope et voulut lui faire violence.

Après avoir été à Délos en compagnie d'Eos, Orion revint pour se venger d'Oenopion qu'il ne parvint pas, cependant, à découvrir à Chios, car il était caché dans une chambre souterraine que lui avait construite Héphaïstos. S'étant embarqué pour la Crète où il pensait qu'Oenopion aurait pu s'enfuir pour se mettre sous la protection de Minos son grand-père, Orion rencontra Artémis qui, comme lui, avait la passion de la chasse. Elle le persuada bientôt d'oublier sa vengeance et de venir plutôt chasser en sa compagnie. Une nuit, Orion, découragé, but toute une gourde du vin d'Oenopion qui l'échauffa à tel point qu'il fit irruption dans la chambre à coucher de Mérope et voulut lui faire violence. Lorsque vint l'aube, Oenopion appela son père qui lui envoya des satyres pour faire boire à Orion encore plus de vin; celui-ci s'endormit enfin profondément; Oenopion lui creva alors les deux yeux et le jeta sur le sable au bord de la mer. Un oracle annonça que l'aveugle retrouverait la vue s'il se rendait à l'est et tournait ses yeux en direction d'Hélios à l'endroit où il se lève de l'Océan. Orion prit une petite barque, se mit à ramer et, se guidant au son du marteau d'un Cyclope, il atteignit Lemnos. Là, il pénétra dans la forge d'Héphaïstos, saisit un jeune apprenti du nom de Cédalion et le mit sur ses épaules afin qu'il le dirige. Cédalion guida Orion sur mer et sur terre jusqu'à ce qu'il fût parvenu enfin à l'océan ; là, Eos s'éprit de lui et son frère Hélios lui rendit la vue.

Orion

Mais Apollon savait qu'Orion n'avait pas refusé l'invitation d'Eos à partager sa couche dans l'île sacrée de Délos. Craignant donc que sa sœur Artémis ne se montre aussi sensible à son charme qu'Eos, Apollon se rendit auprès de la Terre-Mère et, lui ayant répété avec perfidie ce dont s'était vanté Orion il fit en sorte qu'Orion fût poursuivi par un monstrueux scorpion.

Orion attaqua le scorpion d'abord avec des flèches, puis avec son épée, mais pensant que la mer était la protection la plus sûre, il plongea dans les flots et marcha sur le fond de la mer en direction de Délos où il espérait qu'Eos le protégerait. Apollon appela alors Artémis: « Tu vois, là-bas très loin, cette chose noire qui émerge de la mer, près d'Ortygie? C'est la tête d'un méchant appelé Candaon qui vient de séduire Opis, une de tes prêtresses. » or, Candaon était le surnom d'Orion en Béotie mais cela, Artémis l'ignorait. Elle visa attentivement, lâcha sa flèche, et se lança à la nage pour retrouver sa victime. Lorsqu'elle vit que c'était Orion, elle implora Asclépios de le ressusciter. Celui-ci y consentit mais la foudre de Zeus anéantit Orion avant qu'il puisse intervenir. Artémis plaça alors l'image d'Orion et de son chien Sirios parmi les étoiles où il est pour la nuit des temps poursuivi par le Scorpion.Dans une autre version il tenta de faire violence à Artémis elle même ou à une de ses suivantes, Opis.



La Légende d'Isis et des sept scorpions :



La stèle de Metternich ( Metropolitan Museum - New York ) aide à comprendre ce mythe .Le mythe de la royauté conté sur la stèle décrit comment Isis guérit une piqûre venimeuse.  Un soir, Isis sort de chez elle accompagnée de 7 scorpions : Petet, Tjetet, Matet, Meseret, Mesetetef, Tefen et Befen. Isis les oblige à une grande discrétion car elle se cache de Seth, meurtrier d'Osiris, afin de pouvoir élever son fils Horus jusqu'à ce qu'il soit en âge de venger son père. Une femme fortunée, appartenant  à la noblesse referme sa porte au passage de l'étrange cortège. Les 7 scorpions décident de se venger.  Une jeune paysanne leur offre l'hospitalité. Tefen s'introduit dans la maison de la noble - après avoir stocké dans son dard un peu du venin des 6 autres scorpions - et pique son fils pour se venger. La mère cherche en vain du secours dans toute la ville. Elle se retrouve bien punie de ne pas avoir voulu accueillir Isis. Cependant, Iris ne peut laisser mourir un enfant innocent. Elle décide de rendre vie au petit; elle nomme chaque scorpion, afin de les dominer et prononce une formule magique qui neutralise le poison. Par extension, cette formule est applicable pour soigner tout enfant piqué par un scorpion, à condition que les mots soient récités conjointement avec l'administration d'un onguent fait de pain d'orge, d'ail et de sel. En voyant son fils sauvé, la femme riche offre toutes ses richesses à Isis et à la jeune paysanne.
   

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Isis et le pouvoir du nom secret : 



Dans les croyances des anciens égyptiens, connaître le nom secret d'une personne ( d'un dieu, de Pharaon) revenait à le tenir en son pouvoir.  Pour parvenir à connaître le nom secret du Dieu du Soleil et le forcer ainsi à donner les pleins pouvoirs à son fils Horus, Isis la magicienne s'arrange pour que le Dieu se fasse piquer par un serpent et soit condamné à en mourir. Ensuite, elle lui promet la guérison contre la divulgation - à elle seule - de son nom secret. Il finit par céder mais  jamais Isis ne révélera le nom  secret du Dieu. Par contre, nous sommes en possession de la formule incantatoire qui guérit toute personne des effets d'une piqûre empoisonnée; la formule agit accompagnée d'une potion "d'herbe de scorpion" mélangée à du vin ou de la bière.

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Horus et Seth :


Dans le mythe  égyptien , Horus, fils d'Isis et Osiris, grandit loin de tous, caché parmi les roseaux et les papyrus du Nil pour échapper à la colère de son oncle Seth. Ce dernier finit par le retrouver et déjouant la vigilance de sa mère, il envoie à l'enfant un scorpion qui pique l'enfant qui est en train de jouer. Le venin fait son effet et Isis est effondrée. Rê envoie Thot sur terre pour déjouer les plans de Seth et Horus est sauvé. Pour parvenir à connaître le nom secret de Rê et le forcer à donner ses pouvoirs à son fils Horus, Isis la magicienne s'arrange pour que le dieu vieillissant se fasse piquer par un serpent qu'elle avait créé à partir d'un peu de la salive du dieu et de limon et soit condamné à en mourir. Ensuite, elle lui promet la guérison contre la divulgation - à elle seule - de son nom secret. Il finit par céder mais jamais Isis ne révélera le nom secret du Dieu.


Isis, la déesse mère :
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Déesse égyptienne dont le nom signifie "trône". Fille de Geb et Nout selon la cosmogonie Héliopolitaine. sœur et femme d'Osiris. Mère d'Horus. Elle a été dépeinte dans la forme humaine, couronnée ou bien par un trône ou bien par des cornes de vache incluant un disque de soleil. Un vautour était aussi parfois incorporé en sa couronne. Elle est parfois dépeinte comme un cerf-volant au-dessus du corps momifié d'Osiris. Comme personnification du trône, elle était une source importante du pouvoir du pharaon. Son culte était populaire partout dans l'Egypte, mais les sanctuaires les plus importants étaient à Giza et à Behbeit El-Hagar dans le delta du Nil. Isis plus tard eut un culte important dans le monde Gréco-romain, avec des sanctuaires à Délos et Pompéi. Son épithète latine était Stella Maris, ou "l'étoile de la mer". Isis, comme la mère d'Horus, était par l'extension considérée comme la mère et protectrice des pharaons. Le rapport entre Isis et Horus devrait aussi influencer la conception Chrétienne du rapport entre Marie et l'enfant en bas âge Jésus Christ. La description de la tenue assise ou l'allaitement l'enfant Horus est peut-être à l'origine de l'iconographie de Marie et Jésus. Pour ma part je serais plutôt enclin à penser que c'est une représentation universelle de la maternité.


Isis et Osiris "Union sacrée" :

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Isis a retrouvé et a rassemblé le corps d'Osiris après son meurtre et démembrement par Seth. Dans ce rapport elle a pris le rôle d'une déesse des morts et de rites d'obsèques. Isis s'est imprégné du cadavre et a par la suite donné naissance à Horus. Elle a enfanté dans le secret à Khemmis dans le delta du Nil et a caché l'enfant dans les marais de papyrus. Horus plus tard a défait Seth et est devenu le premier dirigeant d'une Egypte unie.

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Blas P. (La Note blanche)