18 juin 2018

"Clapping song !" dans la Note blanche ...

La Note Blanche est de retour sur les ondes de Radio Balises 99.8 pour de nouvelles surprises musicales ... A écouter dans cette émission: Ella Fitzgerald,Shirley Ellis,Marlena Shaw,Sister Sledge, Nicole Willis and the Investigators, Lee Fields & Lee Moses !


Retrouvez le podcast de l'émission en cliquant sur les liens ci-dessous : 


Radio Balises: à venir

Pour commencer, j’ouvrirai l’émission avec la diva Ella Fitzgerald ! Ella Fitzgerald est l’une des plus importantes chanteuses de jazz, elle est d’ailleurs connu sous le surnom de la « plus grande dame du jazz », à la suite de l’apogée du swing! En effet, la chanteuse a remporté de nombreuses récompenses dont 13 Grammys Awards ! Tout cela grâce à sa tessiture de voix à trois octaves. Fitzerald est surtout remarquée pour la pureté de sa voix et sa capacité d’improvisation, particulièrement en scat. Le scat, qui est je le rappelle, une forme d’improvisation vocale où des onomatopées sont utilisés à la place des paroles.¨Par exemple, sa version de « Mack the Knife » est l’une de ses improvisations les plus connus. Pour l’anecdote, lors du concert sur le morceau « Mack the Knife », la chanteuse a eu un trou de mémoire qu’elle tout de même poursuivi sans la moindre hésitation en alternant le scat et des paroles improvisées! Plutôt classe, n’est-ce pas? De plus, elle a joué en concert avec les plus importants groupes et solistes. Son véritable rôle était « instrumentiste à voix ». Elle chante avec de nombreux partenaires comme Oscar Peterson, Count Basie, Joe Pass avec le titre « Speak Love », nous avons Dizzie Gillespie puis elle ouvre également un concert avec un titre de Duke Ellington : « Take the « A » train » dont elle fut une des rares à chanter des paroles sur ce morceau. Elle connu également un grand amour musical en compagnie de Louis Amstrong! « Porgy & Bess » est son enregistrement le plus célèbre avec la légende du jazz. Mais elle a aussi enregistré avec lui le célèbre album « Ella & Louis » qui eut une telle renommée que Granz lui demanda d’enregistrer un « Ella & Louis again ». Côté cœur, sachez que la chanteuse s’est mariée deux fois. Une fois avec Benny Kornegay et une autre fois avec le célèbre bassiste Ray Brown. Déjà devenu aveugle à cause de son diabète, on dut l’amputer des jambes en 1993 et elle mourut à Beverly Hills en 1996. 

Rendons lui hommage tout de suite en musique dans la Note blanche ...


Suite à la divine voix d'Ella Fitzgerald, nous passerons à une autre diva un peu plus funky et surtout très originale dans son genre : Shirley Ellis!! Américaine et chanteuse de soul, Shirley Ellis est d'origine des Caraïbes! Elle a surtout été reconnue pour sa nouveauté ainsi que pour son célèbre frappé dans les titres « Nitty Gritty » sorti en 1963 et sa chanson « Clapping song » sorti en 1965 et vendu à plus d'un million d'exemplaires avec en prime un disque d'or ! 

Claquez des mains et des talons dans la Note Blanche grâce à la voix endiablée de Shirley Ellis ...

A l'occasion de cette Note blanche consacrée, dans un premier temps,  aux voix féminines, vous écouterez une petite mixture cuisiné par moi-même grâce à laquelle vous pourrez passer du rire aux larmes! Vous entendrez Marlena Shaw qui est une chanteuse américaine de jazz, de soul et de disco. Marlena Shaw est découverte par Chess Records en 1966 puis elle sort son premier album sous le label Cadet Records. En 1972, elle devient la première femme a signé pour le label Blue Note. Elle enregistre des gros tubes dont le fameux tube « California Soul » extrait de l'album « The Spice of Life » sorti en 1969 chez le label Cadet Records. Ensuite vous danserez sur Sister Sledge qui est un groupe disco américain formé en 1971 à Philadelphie et formé par quatre sœurs: Debbie, Joni, Kim et Kathy Sledge. Elles commencèrent par être choristes dans leur église locale puis se firent remarquer non seulement pour le voix sublimes mais également pour leur charisme naturel! Vous allez donc vous trémoussez sur leur titre « Pretty baby » issu de l'album « The Very Best-of Sister Sledge » sorti en 1993 sur le label Atlantic ! Et pour terminer ce mixe en beauté, je diffuserai Nicole Willis and the Investigators avec le titre funky soul « If This Ain't Love (Don't Know What Is) » sorti en 2005 sur le label Timmion Records ! 

Goûtez et appréciez les voix suaves et délicieuses des divers divas dans la Note Blanche ...

 
Après les divas, place aux voix masculines, funkys, et surtout très sensuels ! Actuellement mon cœur balance pour Mister Lee Fields !! Je l'ai découvert cette année sur Fip et mon cœur a bondi !! Alors qui est donc ce mystérieux Don Juan ? Elmer "Lee" Fields est un artiste soul américain né en 1951 en Caroline du Nord, parfois surnommé « Little JB » pour sa ressemblance physique et vocale avec James Brown ! Au cours de ses prolifiques 43 années de carrière il a été en tournée avec des figures de la soul et du RnB comme Kool and the Gang, Hip-Huggers, O.V. Wright, Darrell Banks, and Little Royal. Il enregistre son premier 45 tours en 1969, et il est toujours en activité aujourd’hui. Plus récemment il enregistre des disques avec le groupe The Expressions et fait la promotion de son nouveau disque intitulé  Faithful Man sorti en 2012 sur le label Truth & soul ! Et c'est avec le titre éponyme de l'album « Faithful man » que je commencerai cette petite session musicale ! Nous écouterons ensuite « Wish you were here » du même artiste et pour terminé cette émission en toute beauté et en folie, je vais vous envoyer un pur son, un autre de mes derniers coups de foudre musical, il s'agira de Lee Moses et de ses fameux titres « Bad girl » et « I'm Sad about it » tous les deux sortis en 1967 sur le label Musicor Records !

Faites l'amour en musique  grâce au charme insolent de Lee Fields dans la Note blanche ...

 

Ce sera sur ces dernières notes que la note blanche vous dira « à la semaine prochaine »! Nous nous retrouvons mercredi prochain à 9h pour la rediffusion de cette émission et bien évidemment, samedi à17h pour de nouvelles surprises musicales ...


Playlist : 


Générique : « Musicawa » The Daktaris
1 : Ella Fitzgerald : 1)« Make the knife » 2)« Take the « A » Train » 3)« Let’s call the whole thing off » 4) « Summertime »(19’36)
2 : Shirley Ellis :  1)« The Nitty Gritty » ,2)« The Clapping song » 3)« CC Rider » (7’23)
3 : Divers Divas : 1)« California Soul » de Marlena Shaw 2)« Pretty baby »de Sister Sledge 3) Nicole Willis and the Investigators « If This Ain’t Love (Don’t Know What Is) » (9’67)
4 : Lee Fields : 1)« Faithful man » 2) « Wish you were here » Lee Moses : 3) « Bad Girl » 4) « I’m sad about it » (15’36)


Retrouvez le podcast de l'émission en cliquant sur les liens ci-dessous : 


Radio Balises: à venir


Emission rédigée et réalisée par La Note blanche sur Radio Balises 99.8.

7 juin 2018

"Jazz vocal" dans la Note Blanche !

La Note blanche revient pour poursuivre sa petite histoire de la musique avec, pour cette émission, le jazz vocal ...



Ecoutez le podcast de l'émission "Jazz vocal" en cliquant sur les liens ci-dessous : 

Radio Balises:http://radiobalises.com/music/jazz-vocal-dans-la-note-blanche/

Soundcloud:https://soundcloud.com/la-note-blanche/e13-la-note-blanche-jazz-vocal


Dans les années trente, le jazz épouse la chanson populaire ! Les chanteuses de blues classique étaient considérées aussi comme des vocalistes de jazz. Cependant, pendant les années vingt, elles créaient des blues assez sombres qui passèrent de mode après la grande crise. L’heure se mit aux grands orchestres. C’est grâce à leur sens du spectacle, à leur technique musicale sans faille, et à leurs airs entraînants que les big bands remportèrent le succès qui fut le leur. Dans la plupart des orchestres, on trouvait aussi des chanteurs dont la personnalité et les paroles facilitaient le contact entre l’orchestre et le public qui réclamait de la légèreté , des thèmes entraînants, des voix douces et des personnalités séduisantes. Certains chanteurs étaient surtout des interprètes et des artistes de variétés comme les crooners ! D'autres se servaient de leur voix comme d’un instrument : à la suite de Louis Amstrong, ils explorèrent les possibilités de la voix pour improviser, notamment avec la technique du scat. L’interdiction d’enregistrer en 1942, conséquence d’une controverse sur les droits d’auteurs, ne concernait pas les chanteurs, c’est donc à ce moment-là que nombre d’entre eux gravèrent leurs grands succès !

Nous commencerons cette session vocale avec une des plus grandes déesses du genre : Billie Holiday ! Le producteur-découvreur john Hammond fit de Billie Holiday une grande star. La chanteuse incarne la tragédie de la chanteuse noire, née dans un milieu pauvre, violée quand elle avait dix ans et confiée à une institution religieuse. Elle fut prostituée et condamnée à la prison, droguée… Une malédiction la poursuivrait toute sa vie. John Hammond l’emmena en studio pour y graver des thèmes avec l’orchestre de Benny Goodman. C’est en interprétant « Strange fruit » en 1939 que Billie se révéla grande chanteuse miaulante, pleine de sentiments et de tristesse. Elle fut accompagnée des plus grands, de Duke Ellington ou du saxophoniste Lester Young. Mais la gloire n’atténua pas la douleur d’être une chanteuse noire dans une Amérique ségrégationniste. Lorsqu’elle chantait au sein de l’orchestre du blanc Artie Shaw, elle devait passer par la porte de service. Cette lutte l’épuisa, et Billie, alcoolique, la santé ruinée, mourut à quarante ans. Nous enchaînerons avec la voix suave, douce et douloureuse à la fois de Billie Holiday avec les titres : « You’ve changed » et « I don’t want to cry anymore » tous deux extraits de l’album : « Billie Holiday, Broadcast performance » sorti en 1993 sur le label ESP Disk ! A vos casques chers auditeurs et laissez vous bercer par la voix de Billie Holiday.

A vos casques chers auditeurs et laissez vous bercer par la voix délicieuse de Billie Holiday …


Ensuite, nous passerons clarinettiste  Benny Goodman ! Les tournées et le tempérament lunatique caractérisait le clarinettiste ! En effet Benny Goodman était un chef difficile et tourmenté qui épuisaient les chanteuses ! Le « roi du swing » était très exigeant ! Il travailla avec plus d'une vingtaine de vocalistes entre 1934 et 1959 comme Ella Fitzgerald ou encore Peggy Lee !


Nous poursuivrons l'émission sur la planète jazz vocale avec une autre diva très connu dans le milieu, il s'agit de Sarah Vaughan ! Âgée de 18 ans, en octobre 1942, Sarah Vaughan gagna un concours de chant à l'Apollo. Le monde du jazz s'éprit de cette jeune femme aux yeux d'amande et pleine de sensualité ! Elle se sentait à l'aise dans tous les styles. En 1951, elle fit partie de la plus grande affiche du Carnegie Hall, avec Count Basie, Charlie Parker et Billie holiday. Elle accéda au statut de star, mais son chant ne se limitait pas au jazz car elle aborde un registre plus sentimental et sophistiqué avec cordes (ce qui lui fut aussi reproché). Elle accompagna la crème des musiciens de jazz dont Miles davis, Clifford Brown, Quincy Jones et Benny Carter. La voix de Sarah Vaughan est reconnaissable entre toutes : dans les graves, elle rappelle le saxophone et dans les aigus, elle fait preuve d'une élégance absolue. Vous remarquerez que sa voix accompagne tour à tour tous les instruments de l'orchestre. Sarah Vaughan aime également jouer avec le volume de sa voix et avec son ampleur.

Ecoutez la divine voix de Sarah Vaughan dans la Note blanche ...


Après les divas, place aux « entraineurs » ! « L'entraineur » est un mot typiquement américain qui englobe l'homme de spectacle dans sa diversité. C'est à dire que l'artiste doit être capable de danser, de chanter et de raconter des histoires (comme Henri Salvador en France). En général, les entraineurs se produisent à Las Vegas ou dans les salles de jeu. Comme exemple de grande figure du jazz dansant, j'ai choisis bien évidemment, l'incontournable Ray Charles ! Musicien aveugle, Ray Charles réconcilie tout le monde ! Il a subi les belles influences de Nat King Cole et de Charles Brown. Il est considéré comme un « sculpteur de jazz »car il est doté d'une voix chaude et magnifique et enfin,il est réputé pour son swing ! Ray Charles était un maître qui ouvrait l'horizon sensoriel et il pouvait figurer dans toutes les disciplines dont le jazz, le blues, le rythm and blues et le rock ! 

Swingez grâce au blues de Ray Charles ...


Il y a les entraîneurs et les crooners !! Le crooner qui signifie « Chanteur de charme », incarne parfaitement le jazz vocal dans son romantisme le plus extrême ! Il symbolise  les rapports étroits et contradictoires que le jazz a noué avec la variété. Notre premier crooner mythique sera Nat King Cole. En effet, Nat King Cole était chanteur et chef d'orchestre noir. Il reste un vrai mythe et le modèle parfait d'un certain jazz vocal au clair de lune pétri de romantisme ! Et pour l'anecdote, sachez qu'en 1956, la chaîne NBC lui confia une émission qui s'appelait le « Nat King Cole Show ». C'était la première fois qu'un noir américain présenta un spectacle à une heure de grand écoute ce qui provoqua un vrai scandale ! Le chanteur invita les chanteuses Ella Fitzgerald ou encore Peggy Lee ! Peu à peu, le très bon pianiste de jazz et arrangeur s'effaça devant le chanteur de variété et est connu aujourd'hui pour ses nombreuses interprétations à succès.

Libérez vos pulsions de crooner avec Nat King Cole dans la Note blanche ...


Nous resterons sous le charme des crooners grâce à un autre talent du genre/ Il s'agira de Johnny Hartman !! Ce baryton est admiré pour avoir enregistré avec de multiples talents comme le tromboniste et trompettiste Billy Eckstine qui mena un grand orchestre avec dans ses rangs Dizzy Gillespie ou encore le célèbre Art Blakey ! Mais ce n'est pas tout, Johnny Hartman a aussi eu la chance d'enregistrer avec John Coltrane dans les années 60 ! 

Laissez vous bercer par la voix chaude de Johnny Hartman et la douceur du saxophoniste John Coltrane ...


Après avoir suivi et écouté la période du jazz vocal, je vais terminer l'émission sur les rebelles du jazz vocal, et oui chers auditeurs : ils existent !! Comme son homologue instrumental, le jazz vocal a subi de violentes transformations depuis le blues classique. Pendant la seconde guerre mondiale et ensuite une nouvelle génération révoltée et caustique a pris la relève avec par exemple le scat grâce à Ella Fitzgerald. 

La naissance du Mouvement des droits civiques et le réveil des Noirs américains pendant les années cinquante influencent le jazz. La musique devient alors un acte politique mais au lieu de le subir comme leurs aînées noires, les nouvelles personnalités prennent l'uniforme du combat ! Deux figurent importantes surgissent pour ce style, il s'agit d'Abbey Lincoln et de la grande déesse Nina Simone ! Cette dernière rêvait d'être concertiste classique mais elle ne put assouvir cette ambition à cause de sa couleur de peau !! Et elle en conçut bien sûr une vive amertume ! Et pourtant, étant issue des clubs enfumés de New-York, Nina Simone trouva peu à peu sa place au sein de la musique noire et devint populaire tout en participant à la révolte sociale. 

La Note blanche vous recommande les mouchoirs car la voix de la diva dégage toute l'émotion de sa vie riche et tourmentée ...



Ce sera sur ses dernières mélodies que la Note blanche se doit de vous dire « au revoir » ! Mais comme d'habitude nous nous retrouvons samedi prochain à 17h pour de nouvelles aventures musicales !!  Et mercredi pour la rediffusion de cette émission à 9h sur les ondes de Radio Balises 99.8 ou en tapant http://radiobalises.com/ !


Playlist : 


1 : « You've changed » de Billie Holiday (03'20)
2 : « I don't want to cry anymore » de Billie Holiday (03'56)
3 : « Why don't you do right» de Peggy Lee et Benny Goodman (03'12)
7 : « I wonder who's rissin her now » de Ray Charles (02'26)
8 : «Sentimental blues » de Ray Charles (02'28)
9 : « Caravan » de Nat King Cole trio (02'43)
10 : « Autumn serenade » de Hartman et Coltrane (04'19)
11 : « They say it's wonderful » de Hartman et Coltrane (05'20)
12 : « Four Women » de Nina Simone (04'27)
13 : « Sinnerman » de Nina Simone (10'20)


Ecoutez le podcast de l'émission "Jazz vocal" en cliquant sur les liens ci-dessous : 

Radio Balises:http://radiobalises.com/music/jazz-vocal-dans-la-note-blanche/

Soundcloud:https://soundcloud.com/la-note-blanche/e13-la-note-blanche-jazz-vocal


Emission rédigée et réalisée par La Note blanche

26 mai 2018

Narcisse et Echo

L'Air et la Terre avaient une fille : Écho. Cette charmante nymphe vivait dans les bois aux côtés de la déesse Artémis. Elle allait de rivières en torrents ; les arbres lui servaient de toit, la mousse et les jeunes pousses de lit. Elle ne connaissait ni tourment ni ennui. Un jour qu'elle babillait avec les autres nymphes, Écho fut accusée par la grande déesse Héra d'aimer son époux infidèle. C'était une injustice, mais Héra, aveuglée par la colère, refusa d'écouter Écho, qui l'implorait. « Tu veux donc avoir le dernier mot ! », clama la déesse, folle de rage. Son châtiment ne tarda guère : bientôt, la nymphe devint incapable de parler. Ni phrase ni rire ne sortait plus de sa bouche. Elle répétait seulement les derniers mots qu'elle entendait. Écho était au désespoir. Cette punition était d'autant plus cruelle que notre jolie nymphe tomba éperdument amoureuse…



Écho aimait Narcisse. Ce garçon était tellement plaisant que toutes les nymphes et toutes les jeunes filles espéraient recevoir de sa part un baiser. Mais le jeune homme était indifférent aux beautés qu'il croisait. Et jamais il ne sentait la présence d'Écho, qui le suivait pourtant aussi fidèlement que son ombre. La nymphe l'observait sans pouvoir lui parler, avec l'espoir pourtant d'en être un jour aimée. Un beau matin, elle tenta toutefois de se faire remarquer. Narcisse, à la recherche de ses amis, appelait : « Êtes-vous ici ? Y a-t-il quelqu'un par ici ? », et Écho lui répondait de sa jolie voix : « Ici, ici, ici… ». Narcisse lui demanda alors de venir et Écho, le cœur battant, apparut au jeune homme.
Mais celui-ci s'en détourna immédiatement. Et sans la regarder, il cria : « Jamais, jamais… Penses-tu qu'un jour il se pourrait que je te donne pouvoir sur moi ? » Et la voix de la nymphe, entrecoupée de larmes, répéta, suppliante : « Je te donne pouvoir sur moi. » Mais déjà, Narcisse s'éloignait. Méprisée par celui qu'elle aimait, Écho s'enfuit à travers bois, jusqu'à trouver une grotte dans laquelle elle voulut cacher sa honte et son désespoir. Émue par le chagrin sincère de la nymphe, la déesse Némésis se résolut à la venger…


 Narcisse se promenait comme à son habitude, lorsqu'il fut soudain pris d'une soif terrible. Il se laissa alors guider par Némésis jusqu'à une fontaine et il s'y pencha pour prendre une gorgée d'eau. Lorsqu'il vit son propre reflet, Narcisse en tomba amoureux. Dès lors, il ne cessa plus de contempler son beau visage dans l'eau limpide. Il se désespérait de ne pouvoir ni toucher ni aimer cette image, et il n'arrivait pas à s'en éloigner. Sa douleur était si grande qu'il appelait la mort, espérant ainsi se libérer d'un amour impossible. « Hélas, gémissait-il, je comprends bien maintenant toute la peine que j'ai causée à ces jeunes filles ! » Le temps s'écoulait et, progressivement, les pieds de Narcisse se changeaient en racines, son corps en tige, et sans qu'il s'en aperçût, le jeune homme se transforma en une jolie fleur, qui porte encore son nom.


















La folie de Narcisse n'avait pas apaisé la douleur d'Écho. Elle continuait à veiller sur lui. Et lorsque Narcisse dit adieu à son propre reflet, Écho répéta doucement, tristement : « Adieu… » Aujourd'hui, la nymphe a tant maigri qu'il ne reste que sa voix. Et, du fond de sa caverne, Écho répète encore les derniers mots des paroles qui lui sont adressées.


Blas Priscille (La Note blanche), inspirée par Ovide.


Résultat de recherche d'images pour "narcisse caravage"Tableaux : Echo et Narcisse, Waterhouse (1903) ; Narcisse, Le Caravage (1598-1599) ; Narcisse et Echo, Nicolas Poussin ( (1594,1665).


25 mai 2018

Des Notes de génie dans la Note blanche en podcast !

La Note blanche a choisi des perles de génie ! Pour cette émission, j'ai décidé de vous passer une nouvelle fois quelques magiciens qui ont cet immense pouvoir de nous envoyer vers le cosmos ...


Retrouvez le podcast de l'émission en cliquant sur les liens ci-dessous : 



Je débuterai avec du jazz fusion des années 70 ! Weather Report a en effet été l'un des premiers groupes du jazz rock fusion et l'un des plus influents. Il s'est constitué en 1971 grâce au claviériste Joe Zawinul et le saxophoniste Wayne Shorter ! Et moi qui vous parlait de génies !! Zawinul et Wayne Shorter ont tous deux joué avec Mister Miles Davis et Shorter le premier au sein du quintet légendaire des années 60 qui se composait rappelons le de Herbie Hancock, Ron Carter et Tony Williams ! Shorter et Zawinul sont restés les deux membres piliers du groupe pendant d'autres musiciens se succédaient. Le succès de Weather Report doit beaucoup à l'arrivée du bassiste Jaco Pastorius qui a joué avec le groupe jusqu'en 1981 ! Après la petite histoire place au génie musical. Je  vous passerai deux morceaux : « Black Market » et « Herandnu » qui sont tous extraits de l'album « Black Market » sorti en 1976 sur le label Columbia records.


Je resterai sur le même tempo avec le  Tony Williams Lifetime ! Tony Williams à la batterie et monsieur Ron Carter, un génie de la contrebasse !!! Vous endenterez  le morceau « There comes a time » issu de l'album « Ego » sorti en 1971 sur le label Blue Note et « Fred » extrait de l'album »Believe it »  sorti en 1975 également sur le label Blue Note !!!  

La musique donne des ailes dans la note blanche, préparez vous au décollage ...


Vous écouterez également le morceau « Continuum »,  du bassiste virtuose Jaco Pastorius, enregistré en 1976. Et puisque nous étions dans les sons de Tony Williams, j’enchaînerai sur les titres  « Third plane » et" Maiden Voyage". Un morceau dans lequel se retrouve trois génies : le pianiste Herbie Hancock , le contrebassiste Ron Carter, le trompettiste Freddie Hubbard et le batteur Tony Williams ! Vous retrouverez le titre dans l'album éponyme « Third plane » sorti en 1996 sur le label OJC ! 

Ouvrez grand vos oreilles dans la Note blanche ...


Je vous ai réservé un autre talent :  Grant Green, un des plus grands guitaristes de jazz des années 70 ! Son style particulier est dû au fait qu'il ne joue quasiment qu'en « single notes ». En effet, ses accords sont rares car ils sont souvent constitués de 2 ou 3 notes. Cela provient peut être du fait qu'il était un grand admirateur de Charlie Parker. Selon une interview, il disait qu'il passait des nuits à repiquer des solos du bird note par note !! Pour être un génie, l'inspiration ne suffit pas, il faut aussi beaucoup travailler !!!Vous écouterez « My favorite thing » de Grant Green. Pour ce morceau, il est accompagné du pianiste Mc Coy Tyner et du batteur Elvin Jones ! Vous retrouverez ce titre dans l'album « Matador » sorti en 1990 sur le label Blue Note records !

Un beau voyage vous attend dans la Note blanche ...



Playlist : 


Générique : « Musicawa» The Daktaris
1 : « Black Market » de Weather Report (06’35)
2 : « Herandnu » de Weather Report (06’35)
3 : « There comes a time » de Tony Williams Lifetime (06’02)
4 : « Fred » de Tony Williams Lifetime (06’48)
5 : « Continuum » de Jaco Pastorius (04’33)
6 : « Third plane » de H.Hancock, T.Williams et Ron Carter (05’55)
7 : « Maiden Voyage » de Herbie Hancock (07’58)
8 : « My favorite thing » de Grant Green (08’32)
Générique : « Musicawa » The Daktaris


Retrouvez le podcast de l'émission en cliquant sur les liens ci-dessous : 



Emission réalisée et rédigée par La Note blanche

11 mai 2018

Lettre de Charles Baudelaire à Gustave Flaubert

Tous deux nés la même année, Gustave Flaubert (12 décembre 1821-8 mai 1880) et Charles Baudelaire (9 avril 1821-31 août 1867), deux géants de la littérature, ont vu leur chemin se croiser à plusieurs reprises, en témoigne cette lettre.

"Vous me dites que je travaille beaucoup. 
Est-ce une cruelle moquerie ?"

26 juin 1840

Mon cher Flaubert,

Je vous remercie bien vivement de votre excellente lettre. J’ai été frappé de votre observation, et étant descendu très sincèrement dans le souvenir de mes rêveries, je me suis aperçu que de tout temps j’ai été obsédé par l’impossibilité de me rendre compte de certaines actions ou pensées soudaines de l’homme sans l’hypothèse de l’intervention d’une force méchante extérieure à lui. – Voilà un gros aveu dont tout le 19e siècle conjuré ne me fera pas rougir. – Remarquez bien que je ne renonce pas au plaisir de changer d’idée ou de me contredire.

— Un de ces jours, si vous le permettez, en allant à Honfleur, je m’arrêterai à Rouen ; mais comme je présume que vous êtes semblable à moi et que vous haïssez les surprises, je vous préviendrai quelque temps d’avance.

— Vous me dites que je travaille beaucoup. Est-ce une cruelle moquerie ? Bien des gens, sans me compter, trouvent que je ne fais pas grand chose.

Travailler, c’est travailler sans cesse ; c’est n’avoir plus de sens, plus de rêverie ; et c’est une pure volonté toujours en mouvement. J’y arriverai peut-être.

Tout à vous Votre ami bien dévoué.

CH. BAUDELAIRE

8 mai 2018

"Jazz et funk latin" dans la Note blanche en podcast

Encore une fois que des belles impressions musicales pour vous mes chers auditeurs, en podcast sur Radio Balises ...Et avec le retour de ce beau soleil, je commencerai notre note blanche sous le ciel latin, et celui de l’Égypte !



Retrouvez le podcast de l'émission en cliquant sur les liens ci-dessous : 

Radio Balises : à venir

Soundcloud : https://soundcloud.com/la-note-blanche/e11-la-note-blanche-jazz-et-funk-latin


Vous allez agiter votre popotin avec Ricardo Morreno and the group et son titre diabolique « Babalonia » ! Ricardo Marrero est un musicien virtuose. Il est diplômé de la prestigieuse High School of Music and Art de New York. Il joue aussi bien des percussions que du vibraphone, ou encore du piano! Il est  Membre actif de la musique Latin Funk dans le milieu des années 70'. En 1976 il compose avec The Group , l’album "A Taste" dont l’histoire et la musique incroyable en font un disque très recherché des collectionneurs. Il est considéré comme le Saint Graal de la musique Latin Funk ! Mais ne vous inquiétez pas car vous pourrez retrouver ce titre « Babalonia » dans l'album « Welcome to the party » sorti en 2008 sur le label Jazzman records !

Déchaînez vos passions chers auditeurs grâce aux sons cosmiques de la Note blanche ...


Suite à ce titre, vous écouterez le morceau « Neveen » de Salah Ragab and the cairo band ! Je tiens à rappeler que ce musicien était batteur multi-instrumentiste et une figure centrale de l'histoire du jazz en Egypte ! Il a notamment collaboré avec Sun Ra et fondé le premier Jazz band du Caire en 1968 ! Le morceau « Neveen » est extrait de l'album « Salab Ragab and the Cairo jazz band » réédité en 2007 sur le label Art Yard ! Puis, nous resterons dans le jazz afro avec le groupe The positive force with ade olatonji et leur très beau titre "The Afrikan in winter". Puis, vous rêvasserez avec le groupe Ndikho xaba and the natives et leur morceau « Nomusa ». Ces deux bijoux des années 70 sont issus du coffret « Spiritual jazz modal and deep from the underground  » sorti en 2008, une nouvelle fois sur le label Jazzman record !

Laissez vous aller dans des sons ésotériques de la Note blanche ...


Nous poursuivrons l'émission sur la planète jazz puisque je vais tout de suite vous passez deux perles de génies !! Il s'agira du titre « His blessings » qui provient de l'album « Extensions ». « Extensions » qui fait parti des créations du pianiste McCoy Tyner. L'album est sorti en février 70 chez le label blue note. Nous y retrouvons une tribu de génies comme Wayne Shorter, Ron Carter, Elvin Jones et Alice Coltrane !!! Donc tout ça promet encore un voyage cosmique !!! Après « His Blessings », vous entendrez le morceau « Half and half » qui est issu de l'album « Illumination » dans lequel nous trouvons le quartet légendaire coltranien !!! Nous avons en effet Elvin Jones à la batterie, Jimmy Garrison à la contrebasse ainsi que McCoy Tyner au piano !!! « Illumination » est sorti en 1963 sur le label Impulse ! 

Éteignez vos portables et allumez vos oreilles : ça pulse encore et encore dans la Note blanche !!


Ensuite, je diffuserai une découverte trouver récemment dans ma caverne !!! Il s'agit du saxophoniste ténor d'Afrique du Sud : Winston Ngozi. Sa musique est fortement imprégné de John Coltrane ce qui justifie en parti la puissance de son saxophone ! Le titre s'intitule « Spring » et provient de l'album « Yakhal in komo » sorti en 1968. 

Ouvrez grand vos oreilles dans la Note blanche ...


Cette émission s'achèvera sur le titre « How high the moon »  un grand classique du jazz interprété par le Bird : Charlie Parker ! Vous pourrez réécouter ce standard sur l'album « Parker's mood » sorti en 2006 sur le label Believe/EPM !

Profitez de ce dernier bijou de la note blanche sur Radio balises 99.8 !


Playlist : 


Générique : « Musicawa » The Daktaris
1 : « Babalonia » de Ricardo Marrero & the group (03’28)
2 : « Neveen » de Salah Ragab & the Cairo (07’52)
3 : « The African in winter », The Positive force with ade olatonji (04’15)
4 : « Nomusa » de Ndiking xaba and the Natives (08’47)
5 : « His blessings » de McCoy Tyner (06’51)
6 : « Half and half » d’Elvin Jones et Jimmy Garrison (06’29)
7 : « Spring » de Winston Ngozi (10’39)
8 : « How high the moon » de Charlie Parker (05’13)
Générique : « Musicawa » The Daktaris


Retrouvez le podcast de l'émission en cliquant sur les liens ci-dessous : 

Radio Balises : à venir

Soundcloud : https://soundcloud.com/la-note-blanche/e11-la-note-blanche-jazz-et-funk-latin


Emission réalisée et rédigée par la Note blanche

4 mai 2018

"Cher Wikipedia", une lettre ouverte de Philip Roth

Capture d’écran de la lettre ouverte de Philip Roth - NewYorker.com Philip Roth n’en est pas revenu. Le célèbre écrivain américain (« Portnoy et son complexe », « Opération Shylock »...) a voulu rectifier une information. Alerté par une information erronée publiée dans Wikipédia au sujet d’un de ses romans, Philip Roth adresse un courrier aux administrateurs du site, espérant correction. Face au refus qu’il se voit notifier, le romancier procède alors à une mise au point par voie de presse. Sans colère aucune, mais empreint d’une douce ironie, il démêle le vrai du faux : exposant sa vérité, il rappelle que le métier d’écrivain, quand bien même se réfère-t-il au réel, réside dans l’art de manipuler les apparences. L’illusion est la chair du roman.

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« Vous n’êtes pas une source crédible sur vous-même »


Cher(e) Wikipédia,

Je suis Philip Roth. J’ai récemment eu des raisons de lire pour la première fois l’entrée de Wikipédia portant sur mon roman intitulé La Tache. Cette entrée comporte une affirmation inexacte que j’aimerais vous demander de retirer. Cet élément est parvenu à Wikipédia non depuis la sphère de la véracité mais depuis celle du bavardage des commères du milieu littéraire – il n’y a dedans aucune vérité.

Cependant, il y a peu de temps, lorsque j’ai sollicité la suppression de cette erreur et de deux autres auprès d’un représentant officiel de Wikipédia, celui-ci s’est vu répondre par “l’administrateur de Wikipédia en anglais” – dans une lettre datée du 25 août à lui adressée – que moi, Roth, je n’étais pas une source crédible : “Je comprends que, selon vous, l’auteur est l’autorité suprême en ce qui concerne son propre travail, écrit l’administrateur de Wikipédia, mais il nous faut des sources secondaires.”

“An Open Letter to Wikipedia” a été traduit de l’anglais (États-Unis) par Lazare Bitoun et Laura Brimo Evin. Il a paru pour la première fois dans le New Yorker en septembre 2012. © Philip Roth, 2012





France Info:https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/l-histoire-du-jour/philip-roth-contre-wikipedia_1737797.html