19 oct. 2019

"Sandman" Neil Gaiman :

















Sandman, comme son nom l’indique, renvoie donc au Marchand de Sables et au monde des rêves. Son héros est d’ailleurs Dream (ou Rêve selon les versions) qui comme son nom l’indique est le Seigneur du domaine du rêve. Ce n’est pas un dieu (il est au dessus d’eux) mais une sorte d’incarnation du rêve, qui gouverne ce domaine depuis les premiers rêves des étoiles en gestation, et jusqu’à que plus personne ne rêve (bref, la fin de l’univers).
Au début de l’histoire, ce Seigneur des Rêves est capturé lors d’un rituel magique, et passe une bonne partie du XXe siècle enfermé dans le monde réel. Lorsqu’il s’échappe, il doit reprendre le contrôle de son royaume qui va à vau-l’eau depuis sa disparition imprévue...

Ce qui fait toute la saveur de Sandman, c'est cet incroyable capacité à juxtaposer toutes les histoires (avec ou sans H majuscule) comme si c’était parfaitement normal, comme si tout n’était finalement qu’un seul et grand récit. Toute la série est construite comme cela, alternant d’ailleurs entre des histoires courtes (plus ou moins indépendantes de l’intrigue) et scénarios plus complexes liés aux aventures du Rêve. Il est d'ailleurs fréquent qu’on se rende compte à posteriori que la petite anecdote n’était pas si anecdotique que cela. L’auteur ne laisse rien au hasard, si bien chaque mot, chaque image, tout compte.

Le résultat est donc un univers formidablement riche où on s’offre de fantastiques voyages. On y croise des héros de comics (Constantine et quelques membres de la Ligue des Justiciers), des écrivains (comme Shakespeare ou Mark Twain), des personnages historiques (Marco Polo, Auguste ou Robespierre), des dieux (Bastet, Odin), des créatures fantastiques (fées, gargouilles), des personnages mythologiques (Orphée, Lucifer, les Parques, la Mort qui s'avère être sa propre soeur) mais aussi des Monsieur et Madame tout-le-monde (enfin quand ils n’ont pas décidé d’arrêter de mourir comme ce cher Hob Gadling).


     

Ce gigantesque mélange fonctionne à merveille, c’est même fascinant de découvrir petit à petit les liens qui unissent tous ces personnages entre eux. On rencontre par exemple dans un volume une jeune fille qui appelle une amie pour avoir des nouvelles de sa petite amie avec laquelle elle s’est disputée. La dite amie apparaît dans l’histoire suivante, et la petite amie quelques volumes plus loin, et ainsi de suite, comme si Neil Gaiman reprenait le systèmes des boucles qui se répètent dans nos propres rêves ...















... Il y a certainement d’autres aspects de ce comic que je pourrais mettre en avant (il suffirait de philosopher sur le propos de l’auteur ou de parler des nombreuses références littéraires) mais si je ne devais retenir le point fort de Sandman, c’est définitivement son univers incroyable, formidable hommage aux mythologies, aux histoires sous toutes leurs formes.











American Gods, Neil Gaiman (2001) :

   

American gods est un récit fantastique divisé en trois parties et vingt chapitres, accompagnés de trois interludes, d'un épilogue et d'un post-scriptum. Neil Gaiman a dédié son roman aux auteurs américains Kathy Acker et Roger Zelazny.

Un livre à lire : impérativement !








Résumé : 


En sortant de prison, Ombre apprend la mort de sa femme et de son meilleur ami dans un accident de voiture. À bord de l'avion qui le ramène chez lui, il se fait embaucher comme garde du corps par un étrange personnage dénommé Voyageur (Mr Wednesday dans l'original: Ombre a rencontré ce personnage un mercredi et en anglais le mot veut dire Jour de Wotan, ou Odin) qui l'entraîne dans un long périple à travers les États-Unis. Ombre découvre bientôt que Voyageur n'est autre que l'ancien dieu nordique Odin qui tente de rallier à sa cause les autres anciens dieux et quelques personnages folkloriques afin de mener une guerre sans merci aux divinités plus récentes de l'Amérique que sont la voiture, internet, la télévision et les médias...




Analyse : 



Alors que les gens migraient vers l'Amérique de tous les coins de la Terre, ils portaient leurs histoires et leurs mythes. Les légendes et les religions des immigrants sont représentées ici sous la forme de dieux et dieux anciens. Le roman de Neil Gaiman  American Gods  examine ce que signifie être américain en regardant l'héritage culturel de l' Amérique à travers ses origines mythiques et comment les valeurs traditionnelles ont évolué dans les idéaux contemporains. 



Une question que l'auteur touche dans ce roman est: Qu'est-ce que signifie "être américain"? Comment répondre ? Pouvez-vous être américain si vous arrivez sur un bateau avec une carte verte? Devrais-tu naître en Amérique? Selon l'un des protagonistes de ce roman: "Nul  n'est américain, pas à l'origine". En revanche, d'après le gouvernement américain, vous êtes américain si vous êtes né aux États-Unis ou obtenez la citoyenneté légale. 



Gaiman est originaire du Royaume-Uni, mais il vit en Amérique depuis plusieurs années. Au cours de la rédaction de ce roman, il a effectué un voyage à travers ce pays en visitant de nombreux endroits qu'il décrit dans son roman. En lisant l' introduction de l'écrivain  à l'édition du dixième anniversaire (2011), j'ai eu l'impression que ses voyages étaient une exploration de la culture américaine. Gaiman explique: 

«J'ai écrit le premier chapitre en voyageant de Chicago à San Diego. J'ai continué à voyager et j'ai continué à écrire. J'ai conduit de Minneapolis à la Floride par les routes secondaires. Pendant Les itinéraires suivants, je pensais qu'Ombre  prendrait son livre. . . J'ai fait de mon mieux pour ne pas écrire sur un endroit où je n'avais pas été " .  

Ainsi, nous observons que Gaiman décrit distinctement les lieux qu'il a exploré. Il connaît la culture américaine et partage tous ses mystères, ses particularités et sa diversité. Dans le premier chapitre, l'un des nouveaux dieux connus sous le nom Technologie kidnappe brièvement Ombre pour tenter de découvrir ce que Voyageur projette de faire. Avant qu'il ne laisse Ombre partir, il lui parle de Voyageur en ces termes:  "... Il est l'histoire. Il est oublié. Il est vieux. Et il l'accepte. Dites-lui que nous sommes l'avenir ... Il a été envoyé à la benne de l'Histoire alors que des gens comme moi conduisent nos limousines dans le supermarché de demain" . L'un des principaux thèmes de ce roman est que les dieux, les temps nouveaux ou les anciens, ont besoin que les gens croient en eux afin de survivre. Beaucoup d'immigrants qui sont arrivés en Amérique continueront à pratiquer leurs religions ou leurs croyances, et d'autres sont là pour échapper à leurs anciennes cultures. Quand les gens oublient les anciens mythes et les légendes de leur pays d'origine, que leur arrive t-il ? Les nouveaux dieux représentés dans ce roman sont les médias sociaux, la technologie, l'internet, le plastique, les médicaments, les cartes de crédit et les autoroutes. En outre, même les dieux qui survivent à la culture contemporaine ont perdu du sens.  L'un des Anciens dieux du roman est Pâques. Chaque année, les Américains célèbrent Pâques comme la résurrection chrétienne. Cependant, la plupart ignore ce que Pâques est également . Durant les fêtes  païennes saxonnes, on célébrait la grande déesse  mère qui était connue sous le nom d'Ostara, ou Eostere. A l'origine, cette fête était célébrée  partout dans le monde  le jour où Jésus a été ressuscité. En revanche, des personnes de nombreuses civilisations anciennes célébrait Pâques comme la période de l'année associée au soleil levant et à la fertilité de l'Est. 

Neil Gaimain a écrit cette histoire pour nous montrer la valeur du souvenir, de la mémoire. Se souvenir des anciennes voies... Elles nous maintiennent connectées à la source de nos origines. En tant qu'Occidentaux, nous dépendons fortement de notre technologie.   Nous n'avons plus de temps pour les dieux ou les histoires, car nous sommes devenus un pays de personnes «autosuffisantes».

Le roman de Gaiman nous a laissé quelque chose de durable: la contemplation, ce que nous choisissons de croire, où nous investissons notre temps et les valeurs que nous transmettons ... 



Blas Priscille (la Note blanche)

1 commentaire:

  1. Amérique continueront à pratiquer leurs religions ou leurs croyances, et d'autres sont là pour échapper à leurs anciennes cultures. Quand les gens oublient les anciens mythes et les légendes de leur pays d'origine, que leur arrive t-il ? Les nouveaux dieux représentés dans ce roman sont les médias sociaux, la technologie, l'internet, le plastique, les médicaments, les cartes de apurogolfutbol tv crédit et les autoroutes. En outre, même les dieux qui survivent à la culture contemporaine ont perdu du sens.

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